OBJECTIFS CAS DAR 06/08
De la recherche au terrain, structurer l'Agroforesterie et soutenir son développement au niveau national.



Parcelle de merisiers et noyers associés à une rotation de blé/sarrasin/tournesol en Charente Maritime. Cet exploitant, un des précurseur de l’agroforesterie moderne, cultive entre ses arbres depuis 30 ans sur 55 ha (densité : 80 arbres/ha).


La mise en place de parcelles de démonstration est un élément essentiel pour l'adoption de l'Agroforesterie


Moisson de colza entre noyers hybrides dans l'hérault


Parcelle noyer / blé dur
L'association des arbres aux cultures augmente considérablement la biodiversité de la percelle

Depuis quelques années, l'agroforesterie suscite un intérêt grandissant, que l'on observe autant chez des agriculteurs individuels qu'’au sein des organismes agricoles ou des collectivités territoriales. Depuis 2002, de nombreux projets se mettent en place sur l'ensemble du territoire national, dans un environnement réglementaire qui s'adapte progressivement, mais avec un encadrement technique quasi inexistant.

Deux évènements récents expliquent le nombre croissant de projets et la raison de ce projet national:

  • Des résultats décisifs obtenus ces dernières années par l’INRA et d’autres instituts de recherche de 8 pays Européens, en partenariat en France avec plusieurs Chambres d’Agriculture et les CRPF confirment les performances des systèmes agroforestiers modernes. On sait maintenant que ces systèmes sont compatibles avec la mécanisation agricole, qu’ils sont remarquablement productifs, et qu’ils pourraient présenter des avantages environnementaux à fort enjeu dans le contexte agricole actuel.

  • Depuis 2001, les réglementations agricoles et forestières françaises se sont assouplies pour les agriculteurs agroforestiers et encouragent l’initiative en proposant des aides aux projets. Les cultures intercalaires en agroforesterie sont maintenant éligibles aux primes PAC. La plantation d’arbres à faible densité dans les parcelles agricoles est devenue compatible avec les réglementations en vigueur.

En décidant de soutenir l’implantation de parcelles agroforestières dans le cadre de la circulaire « Forêt de protection » du 7 mai 2001, la France a en effet été pionnière au niveau européen. En juin 2005, le nouveau Règlement de Développement Rural européen pour la période 2007-2013 été validé par le conseil des ministres européens. Il contient un article (numéro 44) qui propose d’encourager la création de systèmes agroforestiers modernes sur terres agricoles. Pour la première fois l’agroforesterie est donc prise en compte dans une réglementation cadre Européenne.

Dans le cadre du programme de recherche européen en agroforesterie SAFE (Systèmes Agroforestiers pour les Fermes Européennes), des enquêtes réalisées en 2003 auprès des céréaliers des régions Centre, Poitou-Charentes et Franche Comté ont montré que près de 30 % des agriculteurs interrogés ont été séduits par l’idée de mettre en place un projet agroforestier sur leur exploitation. Ce résultat a surpris plus d’un acteur du développement. Les raisons invoquées ont été le besoin de diversifier à moyen terme les productions de l’exploitation sans diminuer la trésorerie, la volonté de développer des techniques innovantes de production, mais aussi le désir d’adopter des modes de production respectueux de l’environnement. L’agroforesterie concilie rentabilité et amélioration de l’environnement ; par la diversification qu’elle présente, elle est également moins dépendante sur le long terme des soutiens aux productions agricoles, dont l’avenir est incertain.

Mais ces enquêtes ont également révélé que les agriculteurs ont un besoin important de soutien technique pour la mise en place et la gestion de ces parcelles. Elles ont également mis en relief le manque d’information disponible auprès des services d’encadrement, tant sur le type de conseil à formuler ou de suivi à réaliser que sur la connaissance des motivations des agriculteurs vis-à-vis de l’agroforesterie. L’agroforesterie reste terra incognita pour les organismes de développement français. Il s’agit d’une innovation majeure, qui change le rapport de l’exploitant agricole avec son mode de production. Introduire des arbres dans ses parcelles cultivées représente une rupture par rapport au mode de production spécialisé. On ne peut pas aborder cette diversification comme une simple amélioration d’un itinéraire technique.

Face à cette demande des porteurs de projets, il nous a paru nécessaire de structurer l'accompagnement de ces projets tant au niveau local que national. Le programme est articulé en quatre axes :

  • Axe 1 - Capitaliser les expériences de recherche développement, par l’analyse des projets agroforestiers existants mais également par des opérations pilotes avec la mise en place de parcelles de référence dans des régions qui n’en ont pas. 19 départements de 6 régions participent à ce projet (Picardie, Centre, Poitou-Charentes, Franche-Comté, Languedoc Roussillon et Pays de la Loire). Des documents de synthèse seront élaborés pour mettre à disposition toute information aux acteurs.
  • Axe 2 - Fournir aux acteurs du développement des outils de synthèse et d’analyse des projets, à partir des travaux de recherche de l’INRA et de ses partenaires Européens sur la modélisation des systèmes agroforestiers.
  • Axe 3 - Mettre en place une structure nationale pour organiser l’échange d’informations, suivre les réformes réglementaires en cours et former les agents du développement. Des modules de formation seront proposés dans le cadre des diverses filières de formation initiale ou continue. Cette structure assurera le lien entre la recherche et le développement, et permettra d’animer le dossier Agroforesterie à l’échelle nationale.
  • Axe 4 - Evaluer la pertinence de la création d’une UMT (Unité Mixte Technologique). Après un diagnostic des besoins et enjeux de la recherche développement en agroforesterie, il s’agira d’identifier les thèmes de recherches et les partenaires potentiels (Recherche, OPA et Instituts d’enseignement).

Ce projet s'appuie sur la compétence des chercheurs reconnus en agroforesterie tempérée, et bénéficiera de l'intégralité des parcelles expérimentales agroforestières modernes repérées à ce jour en France.

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Réalisé avec la participation financière du compte d'affectation spécial pour le développement agricole et rural géré par le Ministère de l'agriculture et de la pêche.
coordination : AGROOF Développement Bureau d'étude spécialisé dans l'agroforesterie. T: 04 66 56 85 47 - Anduze