ASSOCIATION FRANÇAISE
d'AGROFORESTERIE
Agroforesterie et régénération naturelle assistée

Régénération naturelle assistée
Le potentiel des bandes tampons, une opportunité pour la PAC
Passer des bandes enherbées aux bandes tampon végétalisées
Dans le cadre des BCAE, les agriculteurs peuvent désormais laisser se développer sur la bande tampon de 5 mètres, une végétation ligneuse et semi-ligneuse. Combiner sur ces zones trop souvent improductives et coûteuses en entretien, une partie enherbée et une partie en végétation spontanée semble être l'orientation la plus productive en biodiversité et en biomasse, sans compromettre les déplacements autour de la parcelle.

La ronce, berceau du chêne

Le développement de la végétation spontanée passe par le développement d'essences pionnières qui sont les premières à coloniser les espaces nus et ouverts à la lumière (ronces, prunelliers, genêts...). Cette étape délicate et inesthétique, prémice de la succession écologique, est nécessaire à la bonne implantation de la future haie. Elle décompacte et enrichit le sol, protège les jeunes plants de la dent des cervidés et elle n'est que transitoire : en quelques années, les arbres et arbustes auront pris le dessus, c'est ce que l'on appelle le "processus de recrutement".

Optimiser la production

Il est urgent de se diriger vers une optimisation de l’espace, et de laisser l’arbre se réimplanter là où il ne gène pas, là où l’espace est de toute façon perdu, et où il pourrait apporter des services remarquables. C'est le cas des bandes tampons, qui peuvent aujourd’hui être végétalisées par des ligneux et représentent par là même un formidable potentiel:

Bassin versant de 5000 ha, c'est :
15 km de cours d'eau
15 hectares de bandes végétalisées
90 à 150 m3 de biomasse récoltée par an
entre 15000 et 25000 L équivalent de fioul
2,5 km de bande tampon en RNA représente l’équivalent en surface d’un hectare de forêt, avec l’avantage de diffuser et donc de multiplier ses bénéfices dans tout un agrosystème.


Evolution possible d'une bande enherbée en régénération naturelle
Habitat : strate herbacée, peu de niches, cortège d'espèces limité
Ressources peu diversifiées dans le temps et l'espace
Habitat : plusieurs strates et niches, enrichissement de la biodiversité
Ressources : très diversifiées dans le temps et l'espace
 
Quand Biodiversité rime avec Biomasse

De par sa complexité et la diversité de ses strates (du souterrain à l’aérien), l’arbre constitue un véritable biotope. Il héberge tout un cortège d’entités vivantes : mycorhizes, végétaux, insectes, oiseaux, reptiles, amphibiens, petits mammifères… qui associées à l’arbre, vont profiter de son réseau racinaire, de ses branches, de ses feuilles, de son tronc comme support, ressource alimentaire ou habitat.

L'arbre et l'eau

La qualité d’un cours d’eau est étroitement liée à la ripisylve. Arbres et arbustes tiennent les talus, créent des milieux diversifiés, alimentent le cours d’en eau en matière organique. Erosion et ruissellement sont limités. Les haies tempèrent les excès climatiques sur la rivière, et les racines des arbres limitent le transfert à la rivière des pollutions diffuses issues des parcelles avoisinantes.

Faire d'un déchet un produit

Les produits issus de l'entretien des bandes tampons ne sont en général pas valorisés. L'entretien coûte mais ne rapporte rien. Sur ces zones vouées à ne pas être cultivées, on peut désormais non seulement produire de la biomasse annuellement à des fins d'énergie ou de fertilité (broyats, BRF, buches...), mais aussi du bois d'oeuvre et de nombreux services.

Les accotements des infrastructures linéaires (routes, autoroutes, voies ferrées…) représentent en France environ 3200 km2, soit une surface comparable à l’ensemble des parcs nationaux !
 
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conception - réalisation : Séverin Lavoyer