ASSOCIATION FRANÇAISE
d'AGROFORESTERIE
Agroforesterie et Politique agricole commune (PAC)
BOIS
BIOMASSE
BIODIVERSITE
Au regard des services qu’ils rendent, les systèmes agroforestiers ne sont pas une contrainte mais une réelle opportunité pour l’agriculture de demain. Le verdissement de la PAC peut donc devenir un atout économique pour l’exploitation agricole. L’agroforesterie est peu coûteuse et universelle et s’applique à toutes les échelles des territoires, dans tous les types d'agriculture et pour le bien de tous.

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Agroforesterie, enjeux et perspectives dans la PAC
PAYSAGE
PRODUCTION
PROTECTION
L’AGROFORESTERIE dans la PAC
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DES ARBRES
HORS FORET
POUR DES BIENS
ET DES SERVICES
HORS PAIR
On croit parfois que l’agroforesterie est réservée aux pays du sud. Mais elle a également toute sa place dans le reste du monde. Dans un contexte de compétition pour l’usage des terres et la raréfaction des ressources, l’avenir de l’arbre est aussi hors-forêt, au cœur des parcelles agricoles. Quoi de mieux que des arbres équitablement répartis sur les territoires pour amortir les chocs climatiques, améliorer la ressource en eau, favoriser la biodiversité, injecter durablement de la vie et du carbone dans les sols tout en maintenant une productivité agricole optimale et en réduisant les intrants ?
Produire et protéger : l’agroforesterie innovante repose sur toutes les formes d’association entre arbres et cultures (ou animaux) sur une même parcelle (alignements, haies, bords de route ou de rivière, sylvopastoralisme, pré-vergers…). Elle garantit durablement la performance des écosystèmes agricoles, à travers des principes simples, peu coûteux et universels, inspirés du modèle de la forêt, qui sont à partager avec le plus grand nombre. Voici un message positif qui réconcilie agriculteurs et forestiers : les arbres ne sont plus à considérer comme une contrainte mais bien une opportunité au regard de tous les biens et services rendus. L’agriculture, qui partout dans le monde appauvrit les sols et prélève de l’espace sur la forêt, doit et peut s’insérer naturellement et efficacement dans les problématiques environnementales et ce à grande échelle. L’agroforesterie est économe en énergie ; elle maximise la photosynthèse et permet en conséquence aux sols vivants de fixer durablement le carbone : une agriculture du carbone est en marche.

L’agroforesterie fait partie des perspectives agroécologiques les plus prometteuses pour relever ce défi : construire une agriculture performante et durable, optimiser la production à la surface tout en préservant les ressources naturelles, assurer la viabilité des exploitations. Dans un contexte de changement climatique, de coût croissant des énergies fossiles et des intrants, l’arbre, parce qu’il produit et protège en même temps, peut et doit retrouver sa place en agriculture.

Si l’agriculture des zones tempérées a cru s’affranchir des arbres, grâce au développement des intrants et de la mécanisation, grâce à un climat favorable qui stabilise la fertilité, force est de constater que ce temps est révolu.
Les leçons tirées des pratiques traditionnelles, de la recherche et du développement, des expérimentations et de l’implication des agriculteurs ont permis d’optimiser des systèmes agroforestiers durables et performants qui répondent aux enjeux agronomiques, sociaux et environnementaux.
L'ARBRE COMME
MODELE POUR UNE
AGRICULTURE D'AVENIR
Il est aujourd’hui possible de passer, à moindre coût à une agriculture optimisée et performante, tant en productivité (biomasse, revenus) qu’en services environnementaux et collectifs.
De l’INRA , l’IRSTEA (ex Cemagref), le CIRAD, l’IRD, au World Agroforestry Center (ICRAF), en passant par le programme SAFE qui a réuni des chercheurs européens, de nombreux organismes se sont depuis longtemps penchés sur les potentiels de l’agroforesterie, dans toutes les zones du globes.
AMELIORER LA
PRODUCTIVITE DES
PARCELLES
Des études de plusieurs décennies ont mis en évidence les gains de productivité grâce à l’association des arbres et des cultures sur une même parcelle. Ainsi, à partir de la conduite d’une parcelle expérimentale, de sa plantation à sa coupe, il a pu être démontré qu’une parcelle de 100ha en agroforesterie produisait autant de biomasse (bois et produits agricoles) qu’une parcelle de 136ha où les cultures auraient été séparées, soit un gain de 36% (INRA).
RECREER UNE
FERTILITE ET UNE
BIODIVERSITE IN SITU
Grâce à la présence des éléments arborés, une continuité écologique se recrée sur tout le territoire et les populations, tant animales (auxiliaires des cultures, abeilles, gibier…) que végétales qui ont disparu avec la simplification des paysages se reconstituent.

Recréer des sols vivants et fertiles grâce à une alliance entre arbres et la couverture des sols favorise la réduction de l’utilisation des intrants et rend de nombreux services écologiques, pour toutes les agricultures et toutes les échelles. L’ONU et la FAO font d’ailleurs l’état dans le Millenium Ecosystems Assessment des services rendus par l’association arbres / semis sous couverts végétaux : service d’approvisionnement (nourriture, bois, produits biochimiques…), de régulation (du climat, des maladies, de l’eau, pollinisation) et aussi culturels (écotourisme, patrimoine, éducation…)
OPTIMISER LES
RESSOURCES DU
MILIEU ET PROTEGER LES
CULTURES ET LES
ANIMAUX
Ces gains de productivité s’expliquent par la présence des arbres : il s’agit d’une intensification agro-écologique, qui n’est pas basée sur les intrants, produits phytosanitaires ou machinisme, mais sur une meilleure utilisation des ressources du milieu (eau, lumière, minéraux…). En effet, de par des effets de compétition et/ou de facilitation, les arbres et les cultures créent un système de complémentarité : l’arbre remonte par exemple l’eau des couches profondes du sol pour la remettre à disposition des cultures de surface. La création d’un micro-climat sur la parcelle ou à l’échelle d’un bassin versant protège également les cultures et les animaux des coups de chaleur et permet de lutter contre la sécheresse. Dans un contexte de stagnation des rendements en grandes cultures qui préoccupe, l’arbre redevient un outil performant qui permet d’éviter les accidents climatiques notamment au printemps, responsables de cette stagnation.
QUANTITE ET QUALITE
DE L'EAU
Une récente étude (Agroof, INRA, contrat Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse) a définitivement pu mettre en évidence la capacité de dépollution des arbres. Véritables filtres, ils peuvent limiter une grande partie du lessivage des nitrates et ainsi participer à limiter les pollutions des nappes phréatiques. Cette fonction est particulièrement intéressante pour la gestion des zones de captage en eau des agglomérations. De plus, ils augmentent la réserve utile en eau des sols en captant le ruissellement de surface et dans le sous-sol et limitent l’évaporation.
STOCKER DU CARBONE
POUR LUTTER CONTRE
LE CHANGEMENT
CLIMAITQUE
Les arbres sont de véritables puits de carbone. Ils permettent non seulement d’atténuer les effets du changement climatique mais participent également à recapitaliser les sols en carbone.
DES ARBRES
POUR TOUS
Les avantages de l’agroforesterie ne sont plus à démontrer. Les rapports se multiplient et les résultats parlent d’eux-mêmes (rapport carbone du MAAPRAT 2009, Plan national d’adaptation au changement climatique du MEDDTL, rapport PNUE juin 2009, rapport sur la biodiversité du CESE…). Les esprits, en revanche, ont encore besoin de décompactage. Il est désormais temps d’agir et de supprimer les idées reçues.

L’agroforesterie combine de nombreuses techniques qui s’insèrent dans la même dynamique : mise en place de couverts permanents, semis directs sous couverts, techniques culturales simplifiées…Il n’existe pas une forme unique d’agroforesterie, mais une multitude, et qui se décline à toutes les échelles, de la parcelle au bassin versant. Elle satisfait ainsi les besoins, de l’agriculteur comme ceux de la collectivité, en se plaçant au cœur de projets d’aménagements qui servent l’intérêt général.
Planter des arbres n’est pas une action individuelle. C’est une action collective, qui sert l’intérêt général. Elle doit donc être reconnue et accompagnée financièrement par l’Etat et les collectivités.
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L'AGROFORESTERIE
DANS LA PAC
des évolutions…
La prise en compte de l’agroforesterie dans la réglementation de la Politique Agricole Commune est récente.

- Depuis 2006, les parcelles agroforestières sont reconnues comme des parcelles agricoles, bénéficiant ainsi de l’éligibilité aux aides PAC du premier et second pilier, dans la limite de 50 arbres à l’hectare. De ce statut découlent toutes les caractéristiques associées au statut foncier agricole : impôt foncier et sur le revenu, valeur vénale, fermage…

- En 2010, la densité maximale est relevée à 200 arbres/ha.

- Mesure de soutien à l’investissement : une circulaire de la mesure 222 du PDRH, déclinaison nationale du RDR, est publiée officiellement : elle permet le soutien financier aux premières installations de parcelles agroforestières. Le montant des aides peut atteindre 80% des coûts d’installation. Le financement de cette mesure provient du FEADER et des collectivités. L’Etat n’intervient pas dans cette mesure. Il revient donc aux régions le choix d’activer ou non cette mesure.
qui ne suffisent plus…
la mesure 222 a le mérite d’exister. Toutefois, l’adoption de cette mesure a été peu suivie. Seulement 17 régions ou Etats ont adopté cette mesure en 2009, bien que la France l’ait également adopté depuis lors. Parmi les Etats membres qui ont ouvert cette mesure, très peu d’exploitants ont fait la demande d’en bénéficier. Cette difficulté est vraisemblablement due à un conflit avec les aides du premier pilier, car les exploitants mettant en place des systèmes agroforestiers risquent de perdre leur égibilité aux droits aux paiements uniques sur ces parcelles.

Des points de blocage

- Au sein du premier pilier : L'admissibilité des parcelles est limitée à cause d'une définition restrictive de l'agroforesterie : seuls les alignements intraparcellaires sont reconnus comme de l'agroforesterie, en milieu agricole.

- Au sein du second pilier : La mesure actuelle de soutien (mesure 222, article 44) ne prend pas en compte la diversité des systèmes agroforestiers et ne considère que les nouvelles plantations.
Le rapport sur les paiements directs et le développement rural présenté à la Comagri le 19 juin ne contient toujours pas les résultats escomptés concernant l’agroforesterie. Les pré-vergers ne sont notamment pas pris en compte puisque seules les espèces d’arbres forestières sont considérées.

En vue de la prochaine réforme de la PAC, les différents acteurs français et européens ont collaboré pour élaborer de propositions en vue de la réforme de la PAC.

En raison des points de blocage de la réglementation actuelle, voici les principaux axes de ces propositions :

• L'agroforesterie doit être reconnue dans toute sa diversité (les arbres intraparcellaires comme les haies, ripisylves, bordures, etc.) et inclure le sylvopastoralisme. Une nouvelle définition est donc requise.
• Les terres boisées doivent être incluses dans la mesure agroforesterie.
• Les systèmes agroforestiers devraient être identifiés pour les superficies d’intérêt écologique.
• La mesure de soutien devrait s'appliquer à des nouvelles plantations comme à la conversion de terres boisées.
• La mesure devrait considérer la globalité du projet : soutien à la plantation, conseil, suivi et entretien. Les aides financières prévues pour les coûts d’entretien doivent être étendues à une période de dix années.
 
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conception - réalisation : Séverin Lavoyer